19 février 2020

Binti, Nnedi Okorafor






Résumé :

Maîtresse harmonisatrice du peuple Himba, Binti est vouée à reprendre la boutique d'astrolabes de son père... Mais l’incroyable don pour les mathématiques de l'adolescente lui ouvre les portes de la prestigieuse université interplanétaire Oomza.
Binti embarque sur le Troisième Poisson à l'insu de sa famille. Mais au cours du trajet, les Méduses, ennemies millénaires des humains, abordent le vaisseau pour en massacrer les passagers. Commence alors pour Binti un combat pour sa survie et celle de ceux qui lui sont chers.

Après son roman post-apo coup de poing Qui a peur de la mort ?, Nnedi Okorafor revient avec Binti, un space opera qui a remporté le prix Hugo et le prix Nebula de le meilleure novella.

Mon avis :

J'étais très curieuse de découvrir la plume de cette autrice, dont j'avais entendu beaucoup de bien depuis, foulala, pas mal de temps.
Prétextant cocher la case "lire le livre le plus récent de la PAL", j'ai donc craqué pour ce magnifique ouvrage au doré sélectif...

Je suis très vite entrée dans l'histoire. C'est immersif, et les nouvelles notions liées à cet univers de SF sont bien distillée (on n'est pas perdus). On s'attache très vite à Binti et on tremble pour elle dans le vaisseau, on découvre Oomza par ses yeux, et on s'inquiète des changements qu'elle ressent...
Toute la question de l'arborescence et des mathémathique est traité de façon tellement visuelle qu'on y "est".

J'ai particulièrement apprécié tout ce qui concerne ses cheveux, et l'argile dont elle les enduit, aussi bien dans l'explication de sa culture, que dans la réaction des autres qui ne comprennent pas (miroir évident de beaucoup de comportements inadaptés à notre époque). Elle arrive à nous parler de nous, maintenant, tout en proposant des réflexions plus générales sur le vivre ensemble... ce qui, pour moi, est une des raisons d'être de la SF.

J'ai beaucoup aimé le personnage de Okwu, avec ses nuances et sa complexité.

J'ai cru comprendre qu'il y aurait une suite : tant mieux, car on reste sur sa faim et on en veut plus !

Ça faisait très longtemps que je n'avais pas lu de SF pure, avec même un petit côté space opéra, et j'ai vraiment pris beaucoup de plaisir !

17 février 2020

Petits souvenirs du Puy en Velay !

Mardi dernier, avec l'Agence Auvergne Rhône Alpes Livre et Lecture, j'ai eu la chance d'aller présenter mon travail, et notamment "Comment je suis devenue un robot" à une trentaine de bibliothécaires au Puy en Velay.

Je n'étais pas toute seule, il y avait également Muriel Zürcher, pour "Et la lune, là-haut", Delphine Perret pour "Les Ateliers", et Julia Woignier pour "Camping Sauvage". D'ailleurs, il faut que je vous parle de mes achats lors de la dédicace en librairie qui a suivi !

Ça a été pour moi l'occasion de dédicacer pour la première fois "Les chevalies de la raclette" et de commencer à rôder le pitch pour expliquer de quoi ça parle !

(on a même eu un article dans Le Progrès ! Cliquez pour agrandir !)



J'ai donc craqué pour "Une super histoire de cow-boy" de Delphine Perret, qui joue sur le décalage texte/image à fond ! J'adore !

Si vous ne connaissez pas, je vous conseille vivement de le découvrir plus en détail : ici.







"Les Ateliers de l'illustration et de la création" : un énorme boulot où Delphine Perret est allée à la rencontre d'illustrateurs et d'illustratrices, dans leurs ateliers, pour des échanges intimes sur leur rapport au dessin, leur façon de se mettre au travail... super intéressant !
Et ça remonte le moral quand on doute !!!

En plus, c'est ponctué par les magnifiques photos d'Éric Garrault.

Lien vers le site de l'éditeur.






J'aime beaucoup l'utilisation des couleurs de Julia Woignier !

Je n'ai pas craqué pour "Camping Sauvage", mais je me suis dit que "Laurent le flamboyant" pourrait peut-être plaire à ma Tchoupette de 8 ans...

Lien vers le site de l'éditeur.









Et enfin "Et la lune, là-haut" de ma copine Muriel Zürcher !

J'ai eu l'occasion de bêta-lire Muriel pour "Soléane", et, à force de l'entendre parler du roman, je n'ai pas résisté bien longtemps !

Je pense que j'en ferais une mini-chronique ici, mais pas tout de suite car je l'ai fait dédicacer à mon fiston (14 ans), il est donc prioritaire (même si son envie de lire est à peu près aussi forte que son envie de vider le lave-vaisselle quand c'est son tour).
Ce roman rejoindra donc ma PAL dans plusieurs mois.

En attendant, de votre côté, n'hésitez pas à le découvrir ! Suivez ce lien.




Avant d'aller réanimer mon portefeuille, je tiens à remercier l'ARALL pour ses actions de valorisation des auteurs et autrices en Auvergne Rhône Alpes, ainsi que la librairie Le Chat Perché qui nous a accueillies avec une grande gentillesse !

15 février 2020

Je suis une légende, Graham Matheson



Résumé :

Chaque jour, il doit organiser son existence solitaire dans une cité à l'abandon, vidée de ses habitants par une étrange épidémie. Un virus incurable qui contraint les hommes à se nourrir de sang et les oblige à fuir les rayons du soleil...Chaque nuit, les vampires le traquent jusqu'aux portes de sa demeure, frêle refuge contre une horde aux visages familiers de ses anciens voisins ou de sa propre femme.Chaque nuit est un cauchemar pour le dernier homme, l'ultime survivant d'une espèce désormais légendaire.

Mon avis :

Avec ce roman, je coche quatre cases de mon défi "faire baisser la PAL" !
- Livre de poche
- Livre adapté en film ou série
- Livre choisi par quelqu'un d'autre (j'ai demandé à mon mari de choisir ma prochaine lecture dans ma PAL)
- Lire un classique

Vous savez que je rattrape régulièrement des lectures dont je suis passée à côté pendant des années, de manière à arrêter de hocher la tête quand, autour de moi, des personnes évoquent certains livres.

Pour "Je suis une légende", j'avais vu au moins le film avec Will Smith, et je croyais connaître l'histoire (même si j'avoue ne pas me souvenir de la fin). AH AH AH, rien à voir.
Dans le film, déjà, il n'est pas question de vampire, mais probablement de zombies. Du coup, quand j'ai découvert qu'il était question de vampires dès les premières pages, ça m'a fait bizarre (oui, je n'avais pas lu le 4ème de couverture).

J'ai trouvé les questionnements sur la nature du vampire intéressante, surtout la partie réflexion sur ce qui peut les tuer et pourquoi (un vampire musulman craint-il une croix ? etc). Comme cela fait un peu partie de mes propres réflexions pour "Le Premier" (qui trouvent des réponses différentes), j'ai apprécié le chemin de l'auteur.

La construction, avec des flash-backs pour comprendre un peu comment on en est arrivés là, fonctionne bien.

J'ai moins aimé le côté "en fait, c'est l'histoire d'un type qui boit du whisky", mais bon, je comprends la progression de cet aspect (même si j'ai trouvé que ça prenait trop de place).

En tout cas, le bon côté des choses, c'est que ma PAL baisse progressivement !

12 février 2020

[Théâtre] La mouche



De quoi ça parle ?

Un scientifique ayant découvert, puis testé sur lui-même, la technique permettant la téléportation se transforme peu à peu en mouche géante. C’est l’intrigue imaginée par George Langelaan dans sa nouvelle écrite en 1957 et rendue mondialement célèbre par l’adaptation cinématographique qu’en fit David Cronenberg dans les années 1980. Aujourd’hui, Valérie Lesort et Christian Hecq s’inspirent très librement de l’œuvre de l’écrivain, créant une comédie peuplée de marionnettes et de prouesses visuelles.
Les deux complices se réapproprient cette histoire de fusion génétique entre humain et insecte. Ils installent les personnages de La Mouche dans un village des années 1960. C’est là que Robert, un quinquagénaire vivant avec sa mère Odette, passe son temps à tenter de mettre au point la machine à téléporter… Travail corporel, effets spéciaux, esthétique des prémices de l’informatique : La Mouche est un véritable laboratoire d’expérimentations scéniques, un extraordinaire terrain de jeu.

Mon avis :

Quand j'étais plus jeune, j'avais toujours eu peur de voir le film de David Cronenberg (et j'avoue que je n'avais même pas entendu parler de la version précédente de 1958). Bon, je connaissais l'histoire, hein, ainsi que des détails de certaines scènes, car mon mari, lui est vraiment fan de la performance d'acteur de Jeff Goldblum. Alors, quand j'ai vu que le théâtre des Célestins proposait une version de "La Mouche" sur les planches, je n'ai pas hésité à offrir deux places à mon mari... avant de réaliser que j'allais l'accompagner !

J'ai donc rattrapé mon retard en visionnant le film la semaine précédent la représentation... [mon avis : je le trouve très bien construit narrativement, et, s'il a forcément un côté désuet au niveau des ordinateurs, les effets visuels fonctionnent toujours très bien. Le degré d'horreur est bien dosé].

La pièce, elle, adapte librement l'histoire, en partant de la nouvelle d'origine (qu'il faudra que je me procure, donc). On retrouve quelques scènes clefs, présentes dans le film, et j'ai été bluffée par les effets visuels (animaux vivants sur scène, animatronics, téléporteurs munis d'écrans qui rendent le tout plus vrai que nature, harnais dissimulés pour séquences acrobatiques...).
J'ai été gênée par l'humour cherché à de nombreuses reprises (pour alléger, sans doute le tout) : l'histoire est tragique et je pense que j'attendais quelque chose de plus sombre tout du long (j'ai été gênée d'entendre le public rire dans des moments "pas drôles", même si c'était sûrement un mécanisme de défense).
La performance des acteurs, et notamment Christian Hecq, est indéniable. On voit une immense palette d'émotions et de nuances. Bravo.

Ce n'était pas un exercice facile, et les choix qui ont été faits donnent un ensemble cohérent, et visuellement fascinant.

Plus d'infos sur la pièce : https://www.theatredescelestins.com/saison-2019-2020/spectacle/la-mouche/

7 février 2020

Pepper et Carrot T1 et T2, David Revoy




Résumé :

Au sein du monde merveilleux de Hereva, la jeune Pepper vit avec son chat Carrot dans une petite maison au fin fond de la forêt de Bout-un-Cureuil. Leur spécialité : faire des potions magiques ! Une activité qui comporte pas mal de risques étant donné que, chez eux, les préparations, incantations et autres invocations ont vite tendance à dégénérer... Partagez le quotidien mouvementé de cette Mélusine d’aujourd’hui dans une série d’histoires courtes au cœur d’un univers de fantasy fun et décalé fait de potions, de créatures, de magie… mais surtout d’humour !

Mon avis :

Celles et ceux qui me suivent depuis longtemps savent peut-être que David Revoy n'est autre que... l'illustrateur des couvertures des Fedeylins !
J'aime beaucoup son style, et j'ai (re)découvert avec plaisir ses BD Pepper et Carrot, qui sont trop choupis et rigolotes !

En plus, il fonctionne sur le principe de l'open-source, donc vous pouvez aussi aller voir l'histoire sur le site : https://www.peppercarrot.com/fr/

Je lis peu de BD, et je n'en partage quasiment jamais ici, mais franchement, il mérite de la pub ! Alors, si vous ne connaissez pas : foncez !

5 février 2020

Projet secret

Je pensais passer une partie du mois de janvier sur "La Cité du Savoir"... c'était sans compter sur une belle opportunité qui s'est présentée à moi, et qui a soudain pris beaucoup de place dans mon cerveau !

Je ne peux bien sûr pas vous en dire plus pour le moment, mais ne vous inquiétez pas, comme tout s’accélère, ça devrait aller vite !

Celles et ceux qui me suivent sur Instagram ont déjà eu un petit indice...



Et je peux aussi avouer que j'ai récemment fouillé dans mes recherches faites pour Rhizome (surtout les éléments que je n'avais pas exploité pour le texte). Vous avez donc un second indice où il est question de futur...

Voilà ! J'ai hâte de vous en dire plus !

En tout cas, je vais quand même essayer de ne pas trop laisser tomber "La Cité du Savoir", parce qui sinon, je vais y passer de longs mois, et ce n'est pas le plan !

1 février 2020

Je suis fille de rage, Jean-Laurent Del Socorro





Résumé :

1861 : la guerre de Sécession commence. À la Maison Blanche, un huis clos oppose Abraham Lincoln à la Mort elle-même. Le président doit mettre un terme au conflit au plus vite, mais aussi à l’esclavage, car la Faucheuse tient le compte de chaque mort qui tombe. Militaires, affranchis, forceurs de blocus, politiciens, comédiens, poètes... Traversez cette épopée pour la liberté aux côtés de ceux qui la vivent, comme autant de portraits de cette Amérique déchirée par la guerre civile.

Mon avis :

Vous vous souvenez peut-être de ma chronique enthousiaste de Boudicca, en juin 2018. Ajoutez à ça le fait que Jean-Laurent et moi avons travaillé ensemble sur Les Chevaliers de la raclette [qui sortent aujourd'hui !!!], forcément, je me devais de plonger dans cette histoire au plus vite !
Je n'ai même pas pu cocher quoi que ce soit en lien avec mon défi PAL car "histoire qui se passe dans un autre pays" et "gros pavé" avaient déjà été cochées par Les Noces de la renarde ^^

Alors... je trouve que les petits chapitres, centrés sur un personnage particulier, d'un côté ou de l'autre de la guerre, permettent vraiment de rendre l'impression de conflit à grande échelle. Il m'a fallu un peu de temps pour bien entrer dedans (et retrouver chaque fois qui est qui), mais une fois qu'on est lancé, les pages se tournent toutes seules.
Il faut saluer le travail de documentation qu'a fait Jean-Laurent, qui a même traduit des lettres d'époque ! Et la mise en forme typographique, qui permet de faire le lien entre le fictionnel et le réel aide beaucoup à prendre la mesure de ce qui s'est passé.

C'est une période que je connais mal, et j'ai aimé en savoir plus sur ce conflit. Ça m'a même donné envie de revoir "Autant en emporte le vent" (pas pour la scène de pique-nique clin d’œil, mais pour les costumes, l'ambiance...).

J'ai particulièrement vibré dès que l'émotion s'invitait dans la vie des personnages (j'aurais aimé que ce soit plus souvent, pour m'attacher encore plus à eux).

Je trouve qu'au delà de la recherche documentaire, il y a une résonance très forte avec notre époque et les conflits qui existent encore aux États-Unis en particulier, concernant la place des noirs dans la société. Comme si, en lisant le livre, on comprenait mieux les racines de certains problèmes de l'Amérique de Trump...

Je ne vous surprendrais pas en révélant que "Royaume de vents et de colère" se trouve en bonne place sur ma PAL !