2 janvier 2019

Conseil N°1 : Trouver sa méthode


Salut à tous !

On commence par une généralité, mais nécessaire avant d'entrer dans le vif du sujet : CHAQUE AUTEUR/AUTRICE EST DIFFÉRENT.

Ce qui fonctionne pour l'un ne fonctionne pas forcément pour l'autre... et, ce qu'on ne se rend pas toujours compte au début : CE QUI FONCTIONNE POUR UN ROMAN NE S'APPLIQUE PAS TOUJOURS AU SUIVANT.

Bon, j'arrête avec les majuscules. Mais, comme deux grossesses ne se ressemblent pas, la gestation de deux romans d'une même personne sera aussi différente, et il faut bien l'avoir en tête.

Maintenant que c'est dit, parlons des catégories d'écrivains : êtes-vous plutôt architecte ou jardinier ? Peut-être un mix des deux ? Identifier votre façon d'aborder l'écriture peut vous aider à faire tomber quelques barrières (par exemple : si vous êtes jardinier, inutile d'envisager de faire un plan ou des fiches personnages : ça vous rendra plus malheureux qu'autre chose !).

* Architecte : en général, il s'agit de personnes qui planifient tout à l'avance (le "tout" peut être variable). Ils font des recherches précises, un plan, des fiches... utilisent parfois des logiciels d'aide à l'organisation de l'écriture comme Scrivener (perso, je ne l'utilise pas, mais je vous renvoie au blog de l'excellent Lionel Davoust pour y jeter un œil).
Si on est dans la métaphore, l'architecte a l'idée de la maison qu'il veut construire, fait son plan précis, et ne commence la rédaction du roman qu'une fois le plan terminé. Quand il doute, il se réfère au plan initial.
Personnellement, je suis architecte, mais je me laisse la possibilité de changer les couleurs de la tapisserie ou les rideaux en cours de route : je n'écris pas un roman tant que je n'ai pas la fin précise posée dans une trame qui peut être très simple (une phrase par chapitre) ou plus détaillée (les quatre ou cinq points à aborder dans le chapitre qui sont listés dans la trame).

* Jardinier : en général, il s'agit de personnes qui se laissent porter par leur plume, qui ne savent pas exactement jusqu'où l'histoire va aller. Ils font des recherches au fur et à mesure, ou dans un second temps, s'ils ont laissé des passages blancs pour avancer.
Ils ont envie de planter un arbre, connaissent sa variété, mais ne savent pas jusqu'où l'arbre va pousser (même s'ils peuvent le tailler en cours de route).
Les jardiniers peuvent se laisser emporter par leurs personnages, qui vont les conduire à des rebondissements qu'ils découvrent avec eux, comme si les personnages avaient une conscience propre.

On peut bien sûr être les deux : certains architectes se laissent embarquer par leurs personnages et les imaginent comme des êtres vivants doués d'une conscience propre qui met à mal leur plan. Et certains jardiniers s'arrêtent en cours de rédaction pour planifier quelque chose, faire une fiche pour éviter que leur personnage aux yeux verts ne se retrouve avec les yeux bleus au chapitre suivant... avant d'enchaîner la suite de l'histoire.

Sans avoir rien écrit, pour savoir si vous êtes plutôt architecte ou plutôt jardinier, posez-vous des questions :
* est-ce qu'un plan vous rassure, ou est-ce qu'il vous stresse ?
* est-ce qu'en connaissant déjà la fin de l'histoire, vous avez l'impression de vous ennuyer en écrivant ? Vous préférez être surpris et découvrir comme un lecteur le ferait ?
* est-ce qu'au contraire, le fait d'avoir planifié des scènes à venir vous excite à l'idée d'avancer dans l'histoire jusqu'à les atteindre ?
* etc. Vous voyez l'idée.

Trouvez votre méthode. Faites des essais (avec des nouvelles, par exemple). Tâtonnez. Faites un plan, puis oubliez-le. Lancez-vous sans filet, et voyez si vous vous sentez bien !
NE CULPABILISEZ PAS PARCE QUE D'AUTRES FONT AUTREMENT.

Alors, d'accord, maintenant que vous savez à peu près dans quelle catégorie vous vous situez, vous me dites "ton conseil N°1, c'est trouver sa méthode mais tu n'en donnes pas ! Est-ce qu'il y a des règles à suivre pour écrire ? Une méthode miracle qui ferait de moi un écrivain ?".
Vous vous doutez de la réponse : non, il n'y a pas de méthode miracle.

MAIS, il y a des gens qui ont réfléchi, figurez-vous, et qui ont tenté de décortiquer tout ça :

* Yves Lavandier, par exemple, a travaillé sur le fonctionnement de la dramaturgie
* Joseph Campell et Christopher Vogler aussi (en lien avec les scénarios, mais ça peut bien sûr s'appliquer au roman)
* J'ai beaucoup apprécié les romans d'Orson Scott Card sur "Personnages et points de vue" ou "Comment écrire de la fantasy et de la SF"
* John Truby, et son "anatomie du scénario" est un peu psychorigide sur la recette à appliquer, mais il a un point de vue intéressant sur ce qui fonctionne ou pas
* et bien d'autres !
(google est votre ami pour trouver les références et les liens)

Pour ma part, je ne conseille pas ses lectures à un auteur débutant : pour moi, ce ne sont pas des recettes à appliquer pour la construction et la rédaction d'une histoire. Par contre, c'est intéressant lors des phases de corrections, pour comprendre pourquoi l'histoire ne fonctionne pas parfaitement, et comment y remédier.

La structure en 3 actes est une très bonne base de construction ou de corrections, qui me fait gagner beaucoup de temps depuis que je l'utilise... je vous en parlerai plus en détail bientôt.

Au niveau construction, il existe une méthode qui fonctionne bien surtout sur les histoires courtes (je m'en suis servi sur ma trilogie "Les yeux de l'aigle", par exemple), c'est la méthode flocon, qui consiste à partir d'une seule phrase, qui constitue le cœur de l'histoire, et développer petit à petit un résumé plus dense, les personnages, etc.
 
Bon, je sens que vous êtes encore un peu perdus... alors rendez-vous demain, on passe aux choses sérieuses ! Comme je suis architecte, je vais beaucoup parler de construction et de recherches en amont... mais j'espère que les jardiniers trouveront tout de même leur compte (il y a aussi plein de conseils qui les concernent, promis !).

2 commentaires:

  1. Les deux premiers paragraphes de ton article sont extrêmement importants.
    Bon, les autres aussi, hein.
    Mais les deux premiers le sont encore davantage.
    Je viens de résoudre six mois de page blanche en réalisant qu'effectivement, j'avais du mal sur mon roman en cours parce que, par réflexe, je voulais l'aborder comme j'avais abordé les précédents, ce qui ne lui convenait pas.
    Je suis d'habitude jardinier à l'extrême (je suis généralement incapable de dire de quoi parlent mes romans avant de les avoir terminés), et j'ai dû devenir architecte.
    Bref, j'attends demain pour la suite :-) Merci de partager ton expérience avec nous !

    (et désolé pour le double post)

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    1. Oui, c'est pour ça que j'ai mis des majuscules ^^

      J'ai moi aussi eu un espèce de vertige en bloquant sur un roman, parce que je voulais y appliquer ce qui avait fonctionné pour le précédent... et je me suis rendu compte que ça ne marchait pas comme ça !

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